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Comment gérer un parcours client non linéaire

Le funnel marketing traditionnel a été utilisé par les entreprises pendant des décennies. La sensibilisation menait à la considération, et la considération menait à l’achat. Aujourd’hui, le comportement client est bien moins prévisible. Les parcours B2B impliquent souvent 50 interactions ou plus entre les différents canaux et les différentes parties prenantes, avec des contrats d’entreprise s’étalant sur 12 à 18 mois, car différents membres du comité d’achat interviennent à des étapes distinctes.

Cet article a pour objet d’aider les leaders d’entreprise à maîtriser le « messy middle » (la phase complexe entre le besoin et l’achat) grâce à des modèles concrets de cartographie du parcours client qui permettent de simplifier et d’optimiser la communication avec les clientes et les clients.

Cet article aborde les points suivants :

Le problème du funnel marketing linéaire

Dans les manuels de marketing, le parcours client comporte cinq étapes : sensibilisation, considération, décision, achat et fidélité. Ce modèle suppose que les clientes et les clients évoluent de manière prévisible d’une étape à la suivante, comme des voyageurs qui suivraient une autoroute bien balisée. Cependant, à l’échelle d’une entreprise, la réalité est tout autre.

Un diagramme de gauche à droite montrant les 5 étapes du parcours client.

L’équipe de recherche de Google a inventé le terme « messy middle » pour décrire les interactions entre le premier élément déclencheur et la décision d’achat finale. Les clients peuvent passer sans cesse de l’exploration à l’évaluation. Ils peuvent découvrir votre marque via une publicité LinkedIn, étudier la concurrence sur leur téléphone pendant leur pause déjeuner, lire des avis sur un site tiers, vous oublier pendant deux semaines, voir une publicité de reciblage, visiter votre site web à partir de leur ordinateur de bureau, appeler votre équipe commerciale, et finalement être convertis via un canal partenaire.

Diagramme du parcours client « messy middle » montrant un cycle entre exploration et évaluation, depuis le déclencheur initial jusqu’à l’achat final.

Les différentes étapes du parcours d’achat qui semblaient claires se complexifient lorsque les clients interagissent sur des dizaines de points de contact. Un prospect B2B peut interagir avec votre contenu pendant 18 mois avant de contacter votre service commercial. Le client d’un commerce de vente au détail peut se rendre dans un magasin pour voir un produit, puis acheter ce dernier sur le site web d’un concurrent parce que l’expédition était gratuite.

Les étapes traditionnelles du parcours client ne sont pas adaptées à cette complexité pour trois raisons principales :

  1. Le comportement cross-canal engendre des angles morts lorsque les données sont cloisonnées.
  2. Les visites de recherche multiples impliquent que les clients reviennent régulièrement sur les étapes précédentes plutôt que de progresser de façon linéaire.
  3. L’engagement post-achat détermine souvent si un client deviendra un ambassadeur fidèle ou s’il finira par se désengager discrètement.

Les leaders d’entreprise qui tentent de définir ou de restreindre le comportement client dans des modèles linéaires passent à côté d’importantes opportunités d’optimisation. À l’inverse, les entreprises qui mettent en place des systèmes pour mieux comprendre cette phase intermédiaire pleine d’incertitude obtiennent un avantage stratégique.

Les modèles de cartographie du parcours client pour les entreprises

Reconnaître la complexité du parcours est la première étape. Pour la visualiser et élaborer une stratégie, il faut disposer d’outils concrets. La cartographie du parcours client nécessite des modèles suffisamment sophistiqués pour rendre compte des parcours non linéaires tout en restant exploitables par les équipes.

Les trois modèles suivants s’adressent à des contextes d’entreprise distincts. Chacun d’entre eux offre un cadre qui permet de rendre compte de la complexité inhérente à certains modèles économiques.

Modèle 1 : le parcours du comité d’achat B2B

Les achats B2B impliquent rarement un seul décideur. Les transactions d’entreprise incluent généralement plusieurs profils d’acheteurs, chacun ayant des priorités, des délais et des modes d’interaction différents. Ce modèle retrace le parcours des acheteurs à travers trois principaux types de parties prenantes.

  • L’utilisateur. Il interagit quotidiennement avec votre produit. Il se préoccupe de la fonctionnalité, de la facilité d’adoption et de l’impact de la solution sur son workflow. Son parcours commence souvent par des recommandations de ses pairs ou par des contenus spécialisés.
  • L’acheteur informatique. Il évalue la sécurité, les exigences en matière d’intégration et les caractéristiques techniques. Il rejoint le parcours plus tard, généralement après que « l’utilisateur » a déjà exprimé son intérêt, et ses inquiétudes peuvent faire échouer des transactions qui semblaient acquises.
  • Le responsable de projet. Il est chargé d’approuver le budget. Il peut ne jamais interagir directement avec votre produit, mais doit comprendre l’impact business et le ROI qu’il peut en retirer.

La cartographie de ces parcours parallèles met en évidence les points de convergence et de divergence entre les différentes étapes du parcours client. Il se peut que vous découvriez que les transactions stagnent lorsque les « acheteurs informatiques » manquent de documentation technique, ou que les « responsables de projet » ont besoin d’études de cas provenant d’entreprises similaires.

Pour créer des cartographies du parcours client destinées aux comités d’achat B2B, documentez le point d’entrée de chaque persona, les informations requises à chaque étape, et les échanges entre parties prenantes qui accélèrent ou retardent les décisions.

Modèle 2 : le parcours omnicanal du commerce de détail

Les clientes et les clients du commerce de détail passent facilement d’un canal à l’autre, ce qui rend les modèles d’attribution traditionnels pratiquement inutiles. Ce modèle rend compte des parcours en boucle caractéristiques du comportement des consommateurs d’aujourd’hui. Prenons un parcours client classique : une publicité sur les réseaux sociaux génère une première sensibilisation. Le client télécharge votre application mobile pour parcourir les produits pendant ses trajets quotidiens. Il se rend dans un magasin pour voir les articles sur place. Il repart sans acheter. Il finalise ensuite la transaction sur son ordinateur portable trois jours plus tard, après avoir reçu un e-mail de panier abandonné.

Ce modèle représente ces transitions sous la forme d’une boucle continue plutôt que d’une progression linéaire. Les principaux éléments de mappage comprennent les points d’entrée des canaux, les déclencheurs cross-canal qui font passer les clients d’un point de contact à l’autre, les moments de friction où les clients quittent le parcours, et les techniques de réengagement qui les font revenir.

Les stratégies de marketing de cycle de vie dépendent de la compréhension de ces schémas. Sans une bonne visibilité sur la manière dont les clients passent du mobile à l’ordinateur, se rendent en magasin et interagissent avec le service client, les efforts de personnalisation restent fragmentés et inefficaces.

Modèle 3 : le cycle de vie des abonnements digitaux

Les entreprises de logiciels en tant que service (SaaS) et proposant des abonnements en streaming sont confrontées à des étapes spécifiques du parcours client qui vont bien au-delà de la conversion initiale. Ce modèle cartographie l’ensemble du cycle de vie de l’abonnement, du premier contact jusqu’à la fidélisation à long terme. Le parcours commence par une « inscription pour un essai gratuit », où les clients arrivent avec des niveaux d’intérêt et de connaissance produit variables. Les séquences d’« intégration par e-mail » guident les nouveaux utilisateurs vers les étapes clés de l’activation. La « première utilisation d’une fonctionnalité » correspond au moment décisif où les clients découvrent la valeur fondamentale du produit.

Le modèle suit ensuite les schémas d’engagement à long terme, identifiant les « baisses d’utilisation » qui signalent un risque de désabonnement. Ces signes avant-coureurs peuvent inclure une baisse de la fréquence de connexion, une utilisation moindre des fonctionnalités, ou des schémas dans les demandes support traduisant une certaine frustration. Enfin, la « phase d’offre de renouvellement » correspond au moment où les clients décident soit de prolonger l’abonnement, soit de le résilier. Cartographier les points de contact sur l’ensemble de ce cycle de vie permet d’intervenir avant que les clients n’accèdent à la page de désabonnement. Le fait de garantir la transparence des données relatives au parcours client sur ces différents points de contact permet aux équipes produit, marketing et réussite client de partager une vision commune de la situation et de l’engagement des abonnés.

Le défi de l’analytics : vous ne pouvez pas cartographier ce que vous ne voyez pas.

Les modèles offrent une structure, mais sans données pour les alimenter, ce ne sont que des exercices théoriques. C’est la raison pour laquelle la plupart des initiatives de cartographie du parcours client échouent en entreprise. Les interactions client se déroulent sur les applications mobiles, les sites web, les centres d’appel, les points de vente physiques, les e-mails, les réseaux sociaux et les canaux partenaires. Chaque système recueille ses propres données sur le comportement client : les produits consultés sur l’application mobile, les questions posées au centre d’appel, le contenu consommé sur le site web. Cependant, aucun système ne permet à lui seul de comprendre comment ces interactions s’articulent entre elles.

Cette fragmentation empêche toute coordination entre les différents canaux. Vous pouvez constater que les clients qui consultent la page des tarifs ont un taux de conversion plus élevé, mais vous ne vous rendrez peut-être pas compte que bon nombre de ces visiteurs ont d’abord contacté votre service commercial. Vous pouvez remarquer que les utilisateurs de l’application ont un taux de désabonnement moins élevé, mais vous ne pouvez pas établir de lien entre cette constatation et les e-mails d’intégration qui ont favorisé l’adoption du site web ou de l’application mobile.

Il devient difficile d’analyser avec précision les étapes du parcours d’achat si vos sources de données ne sont pas connectées, lorsque vous avez des millions de clients qui interagissent sur des dizaines de points de contact. Le marketing optimise alors les campagnes en se basant sur des informations incomplètes. Les équipes produit créent des fonctionnalités sans comprendre comment les clientes et les clients les utilisent. Les responsables de la réussite client interviennent trop tard car les signaux d’alerte apparaissent dans des systèmes auxquels ils n’ont pas accès.

Pour être efficace, une orchestration de parcours client nécessite de briser ces silos. Tant que les entreprises ne regroupent pas leurs interactions cross-canal au sein d’un seul cadre analytique, même les cartes de parcours les plus sophistiquées restent des hypothèses plutôt que des insights exploitables.

Optimisez les parcours non linéaires avec Adobe Customer Journey Analytics.

Le funnel linéaire fonctionnait bien lorsque le comportement des clientes et des clients était prévisible, mais le « messy middle » actuel exige une vue unifiée. Adobe Customer Journey Analytics résout le problème des données cloisonnées en regroupant chaque interaction (web, mobile, centre d’appel et IoT) au sein d’un profil client unifié.

Cette visibilité transforme la façon dont les entreprises gèrent trois domaines essentiels :

  1. Visualiser les parcours réels et non linéaires. Plutôt que de partir du principe que les clients suivent des étapes prédéfinies, vous observez leurs schémas comportementaux réels. Vous découvrez que vos clients à plus forte valeur interagissent généralement avec du contenu éducatif pendant des mois avant même de consulter les tarifs, ou que les clients qui commencent leur parcours sur mobile mais sont convertis sur ordinateur ont une valeur de durée de vie significativement plus élevée.
  2. Identifier les points de friction cachés. Vous pouvez repérer les points de friction cachés qui poussent les clients à abandonner entre les différents canaux. Par exemple, les clients qui contactent le support après avoir consulté votre site web sont peut-être deux fois moins convertis que ceux qui trouvent des réponses en libre-service. Ou encore, les utilisateurs d’applications mobiles qui reçoivent des notifications push à certaines fréquences présentent des schémas de rétention radicalement différents.
  3. Connecter l’ensemble du cycle de vie. Vous pouvez analyser l’intégralité du cycle de vie client, du premier contact jusqu’à la fidélité à long terme. Les stratégies de marketing de cycle de vie sont alors axées sur les données plutôt que sur des hypothèses. Vous comprenez non seulement quels canaux favorisent l’acquisition, mais aussi quelles étapes du parcours client permettent de prédire la valeur à long terme.

En unifiant ces points de contact, ce « messy middle » cesse d’être un problème et devient votre plus grand levier de différenciation. Lorsque vous visualisez chaque interaction au sein d’une seule et même interface, vous pouvez enfin adapter votre stratégie à la réalité de l’acheteur d’aujourd’hui.

Découvrir CJA en action. Regarder la vidéo de présentation pour voir comment visualiser des parcours client complexes et cross-canal au sein d’une seule et même interface.

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