RAPPORT TENDANCES 2026 DE L’IA ET DU DIGITAL D’ADOBE : L'ENQUÊTE CLIENT
Comment l’essor de l’IA transforme les comportements client.
Alors que l’IA accompagne désormais le quotidien des clients de la recherche à l’achat, jusqu’au service après-vente, découvrez dans l'enquête client de notre rapport Tendances 2026 de l’IA et du digital à quel moment les consommateurs adoptent l’IA, ce qui les freine, et comment les marques peuvent trouver le juste équilibre entre automatisation et transparence.
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Introduction
Les produits et les services optimisés par l’IA s’intègrent de plus en plus dans les expériences digitales quotidiennes, transformant fondamentalement la façon dont les consommateurs recherchent, achètent et prennent leurs décisions. Automatisation des tâches courantes, personnalisation des recommandations, génération de contenu et même accompagnement en matière de santé, l’IA offre davantage de contrôle et de confort aux clients, parfois même sans qu’ils se rendent compte que la technologie est à l’œuvre.
Pourtant, les comportements et les préférences client autour de l’IA, notamment la technologie émergente de l’IA agentique, ne correspondent pas exactement aux personas démographiques traditionnels. Ils varient en fonction du degré d’aisance de chacun face aux nouvelles technologies. Notre enquête mondiale menée auprès de 4 000 clients pour le rapport Tendances 2026 de l’IA et du digital d’Adobe fait état d’un optimisme prudent concernant l’IA. Les clients apprécient le confort et la personnalisation qu’offrent les interactions avec les marques générées par l’IA, mais ils ne sont pas prêts à lui céder le contrôle de leurs informations sensibles ou de leurs décisions importantes. Parallèlement, les expériences qui ne parviennent pas à susciter leur intérêt en moins de cinq secondes (ou qui semblent trompeuses, inopportunes ou hors de propos) entraînent un désengagement immédiat. Ainsi, les entreprises qui comprennent les nuances liées au niveau d’aisance de leurs clients face aux expériences optimisées par l’IA sont mieux à même de concevoir des interactions pertinentes.
Partie 1
Le contenu doit être pertinent pour maintenir l’engagement des clients.
Les clients attendent des marques qu’elles proposent des messages et des offres pertinentes, pratiques, diffusées au bon moment et originales. Les expériences qui ne répondent pas à ces attentes risquent d’entraîner un désengagement rapide, de nombreux clients étant même prêts à se tourner vers des marques qu’ils ne connaissent pas si une offre est intéressante.
Une seule interaction, même pertinente, suffit rarement à déclencher un achat. Seulement 12 % des clients se sentent prêts à acheter après avoir reçu un message personnalisé, une recommandation ou après avoir interagi avec une marque. Le point de bascule semble se situer entre trois et cinq interactions, ce qui influence les décisions d’achat de 40 % des clients.
Dans le même temps, les marques ne peuvent se permettre aucun faux pas. Par exemple, 69 % des clients déclarent que les marques disposent de cinq secondes maximum pour capter leur attention grâce à un e-mail promotionnel, une publicité ou un post sur les réseaux sociaux. La confiance ou la familiarité avec la marque ne suscite pas forcément l’engagement, au contraire de facteurs tels qu’un contenu personnel et pertinent envoyé au bon moment, un contenu original, des offres spéciales et une communication authentique (Figure 1).
Pourtant, un contenu personnalisé ne suffit pas à garantir l’engagement, ce qui place les marques dans une situation délicate où elles doivent trouver le juste équilibre. Réfléchir à la fréquence d’envoi est capital : près de la moitié des clients (45 %) déclarent, en effet, qu’ils sont enclins à arrêter d’interagir avec une marque s’ils reçoivent trop de promotions, même si le contenu est pertinent. Le contexte compte également. La moitié des clients est susceptible de cesser toute interaction si les expériences personnalisées semblent inadéquates ou hors de propos, et environ 40 % d’entre eux font de même si les promotions ne correspondent pas à leur étape dans le parcours d’achat ou à leur budget.
Ces dynamiques sont amplifiées par l’évolution de la notion de fidélité à la marque. Pour la plupart des clients, la confiance envers une marque se définit de manière pragmatique. Le rapport qualité-prix constitue le principal facteur de confiance, choisi par 51 % des clients, devançant des facteurs plus traditionnels comme la réputation de la marque, la cohérence de l’expérience et les valeurs. Cependant, la confiance seule ne garantit pas toujours la fidélité. Seulement 18 % des clients déclarent acheter exclusivement auprès de marques auxquelles ils font confiance, même quand des alternatives plus pratiques ou abordables existent. Les autres sont disposés à envisager des options alternatives, y compris celles proposées par des marques qui ne répondent pas à leurs critères de confiance, si les offres sont plus intéressantes. Pour sortir du lot, les marques doivent trouver le juste équilibre entre le prix et des expériences uniques et personnalisées, proposées au moment opportun.
Partie 2
Les plateformes IA redéfinissent les comportements et les préférences d’achat.
La recherche menée par les clients est un élément essentiel du parcours d’achat, et l’IA exerce désormais une influence plus marquée sur cette étape que certaines méthodes publicitaires classiques. Les clients ont davantage tendance à s’appuyer sur les informations qu’ils recueillent eux-mêmes pour prendre leurs décisions d’achat plutôt que sur les contenus promotionnels, qui peuvent leur sembler trop envahissants ou sans rapport avec leurs besoins.
Cependant, gagner la confiance des clients au moment de l’achat n’est pas une mince affaire. Alors qu’environ la moitié d’entre eux déclarent avoir une grande confiance dans leurs achats, 39 % indiquent devoir effectuer des recherches approfondies et comparer les offres avant de se décider pour un produit ou un service. Cela pourrait expliquer l’influence limitée des promotions. Seulement 29 % des clients déclarent acheter souvent des produits ou des services dont ils voient la publicité en ligne, et une proportion similaire affirme effectuer des achats lorsqu’ils voient une publicité qui les intéresse alors qu’ils sont en train de faire autre chose sur Internet. Le volume de contenu à lui seul ne fait pas la différence. En réalité, de nombreux clients (39 %) se sentent souvent submergés par la quantité de contenu promotionnel envoyée par une seule marque. Les promotions captent brièvement l’attention, mais elles doivent être opportunes, pertinentes et originales pour maintenir l’engagement.
En matière de recherche, les moteurs de recherche classiques continuent de dominer le marché. Environ la moitié des clients s’y réfèrent comme principale source d’information pour prendre des décisions d’achat ou trouver des recommandations, devant les réseaux sociaux ou le bouche-à-oreille, entre autres (Figure 2). Toutefois, les plateformes optimisées par l’IA commencent à transformer cet aspect du parcours client.
Environ un quart des clients citent désormais les plateformes optimisées par l’IA comme ChatGPT parmi leurs principaux outils de recherche, ce qui rend ces nouveaux venus plus populaires que d’autres sources, notamment les sites web de marques et les avis et évaluations en ligne (Figure 2). Les clients qui utilisent déjà des plateformes optimisées par l’IA pour leurs recherches ont une grande confiance en la technologie : 42 % des personnes interrogées déclarent recourir toujours ou fréquemment à des assistants IA, à des plateformes conversationnelles ou à la recherche optimisée par l’IA comme principale source pour obtenir des conseils, effectuer leurs achats ou résoudre des problèmes.
Partie 3
Les clients reconnaissent les avantages concrets des expériences optimisées par l’IA.
La facilité d’utilisation est centrale dans la manière dont les clients évaluent leurs interactions avec les marques, notamment lorsque l’IA intervient. Plus de la moitié (58 %) déclarent qu’elle joue un rôle important dans leur volonté ou pas de partager des informations personnelles avec une marque, et seulement un tiers environ se montre plus réticent à partager ses informations avec l’agent IA d’une marque plutôt qu’avec un représentant humain. Les clients ont conscience des compromis inhérents à ces interactions. Un peu plus de la moitié (54 %) affirment qu’ils constatent souvent une amélioration de leurs expériences (meilleures offres, recommandations plus pertinentes) après qu’ils ont partagé leurs informations personnelles avec une marque.
Globalement, les clients réagissent positivement aux expériences de marque intégrant l’IA. Ils sont bien plus enclins à être d’accord qu’à être en désaccord avec les prévisions indiquant que l’IA améliorera leur expérience client (56 % contre 17 %), leur fera économiser de l’argent (49 % contre 20 %), et leur fournira des recommandations plus pertinentes que d’autres sources (46 % contre 25 %).
Pour la plupart des clients, les avantages perçus de l’IA l’emportent sur les préoccupations persistantes. Environ la moitié déclarent que leurs expériences de marque avec l’IA se traduisent toujours ou souvent par un gain de temps, une plus grande facilité d’utilisation et le sentiment d’être compris. Rares sont ceux qui déclarent se sentir régulièrement agacés, mal à l’aise ou inquiets quant à la protection de leur vie privée lorsqu’ils interagissent avec du contenu de marque généré par l’IA (Figure 3).
Améliore l’expérience client
Leur fait économiser de l’argent
Fournit des recommandations plus pertinentes
Partie 4
Les clients sont encore réticents à utiliser l’IA pour certaines expériences.
Les clients fixent des limites claires quant aux domaines dans lesquels ils sont prêts à laisser l’IA jouer un rôle, en particulier lorsque les expériences concernent la vie privée et la prise de décisions. Les utilisations courantes à faible risque (service client en temps réel, recommandations personnalisées, automatisation des processus courants, promotions personnalisées, voire contenus visuels ou vidéo sur mesure) suscitent une confiance élevée. Toutefois, cette confiance est inégale et dépend fortement du contexte : la majorité des clients se décrivent comme « assez » à l’aise plutôt que « très » à l’aise. Ils se montrent beaucoup moins ouverts à la technologie lorsque l’IA est appliquée à des informations sensibles dans les domaines de la santé ou de la finance.
Ces limites s’étendent aux agents IA qui accomplissent des tâches de manière autonome, domaine dans lequel la confiance reste un obstacle majeur. Un client sur cinq n’est pas disposé à créer son propre agent personnel, et près de 40 % n’y ont même pas songé. Lorsqu’on les interroge sur des scénarios précis, les clients se montrent clairement favorables à ce que les humains restent impliqués dans le processus. Alors qu’environ la moitié des personnes interrogées ne verraient pas d’objection à ce que leur agent personnel collabore avec le représentant humain d’une marque, elles seraient moins nombreuses à accepter que leur agent collabore avec l’agent IA d’une marque, réserve un voyage, communique des informations personnelles ou prennent les décisions d’achat finales (Figure 4).
Partie 5
Les précurseurs dans l’adoption de la technologie ont une vision plus optimiste de l’IA.
Le degré d’aisance avec la technologie influence la façon dont les clients perçoivent et adoptent l’IA. Nous leur avons demandé de décrire leur approche en matière d’adoption de nouveaux outils et technologies numériques et nous avons identifié trois personas présentant des préférences et des comportements distincts.
Les précurseurs, qui représentent 22 % de notre échantillon d’enquête, sont les premiers à tester de nouveaux outils et de nouvelles technologies. L’expérimentation ne leur fait pas peur. Deux tiers déclarent utiliser régulièrement l’IA (plus du double de la moyenne de l’enquête) et aucun ne déclare l’éviter complètement. Environ un quart d’entre eux possède déjà son propre agent IA, et près de la moitié souhaite en créer un. Ce groupe se montre également beaucoup plus confiant quant à l’impact de l’IA : 73 % pensent qu’elle améliorera leur expérience client globale, et 62 % s’attendent à ce que l’IA fournisse des recommandations plus pertinentes que d’autres sources.
Les suiveurs représentent la majorité de notre échantillon d’enquête (61 %). Ils sont ouverts aux nouvelles technologies lorsqu’elles s’avèrent utiles, mais préfèrent attendre que l’adoption se généralise. Seul environ un quart déclare utiliser régulièrement l’IA, tandis qu’un tiers affirme ne jamais ou rarement l’utiliser. Leur intérêt pour les agents IA reste limité : 7 % en possèdent déjà un, et 33 % envisageraient d’en créer un.
Les réfractaires, 17 % de notre échantillon, évitent les nouvelles technologies dans la mesure du possible ou ne les utilisent que lorsqu’ils y sont absolument contraints. Aucun ne signale d’utilisation régulière de l’IA, et la grande majorité s’oppose à la création de leur propre agent IA (56 %), ou n’y a jamais réfléchi (36 %). Ils sont également beaucoup moins à l’aise avec l’utilisation de l’IA par les marques pour des tâches courantes comme le service client, les procédures de routine ou les recommandations personnalisées. Comparé aux précurseurs, leur scepticisme est marqué. Seuls 37 % des réfractaires pensent que l’IA améliorera leur expérience client globale, et 30 % estiment que l’IA proposera des recommandations plus pertinentes que d’autres sources.
Pourtant, les précurseurs et les réfractaires expriment des réserves similaires vis-à-vis de l’IA, soulignant la complexité globale que nous observons dans le rapport des clients à cette technologie. Un peu plus d’un tiers des deux groupes déclarent qu’ils se montreront très critiques envers les marques qui utilisent l’IA ou qu’ils feront moins confiance aux informations fournies par l’IA.
La capacité à détecter les interactions avec l’IA joue un rôle important. La plupart des clients peinent à identifier de manière fiable quand une interaction avec une marque implique l’IA, et cela s’avère particulièrement vrai pour les réfractaires (Figure 5).
Partie 6
Points à retenir
Les clients abordent la question de l’IA de manière pragmatique. Ils réagissent positivement aux expériences de marque optimisées par l’IA lorsque ces interactions sont pertinentes et opportunes, et se désengagent dans le cas contraire. Notre étude sur les expériences client avec l’IA révèle que :
- La fenêtre d’attention ne dure que quelques secondes seulement. Un contenu pertinent, pratique, original et authentique stimule l’engagement.
- Les clients commencent à s’appuyer sur les plateformes optimisées par l’IA pour leurs recherches avant achat, et beaucoup sont ouverts aux interactions optimisées par l’IA, qui offrent rapidité et commodité.
- La confiance en l’IA chute considérablement lorsqu’il est question de décisions importantes et d’informations sensibles. Dans ces cas-là, les clients préfèrent que des humains soient impliqués et que des limites à l’autonomie de l’IA soient fixées.
- Les modes d’adoption des technologies influencent le niveau d’aisance face aux expériences IA, mais la possibilité de se tourner vers un interlocuteur humain reste importante pour tout le monde.
Annexe 1
Méthodologie de recherche
À l’occasion de la 16e édition de l’étude annuelle Tendances de l’IA et du digital, Oxford Economics, en partenariat avec Adobe, a mené des enquêtes mondiales auprès de 3 000 dirigeants et professionnels et de 4 000 clients afin de mieux comprendre comment les entreprises exploitent l’IA pour susciter l’intérêt des clients, renforcer la fidélité à la marque et optimiser les workflows d’expérience client, ainsi que la manière dont les clients réagissent à ces changements. Les enquêtes ont été menées en ligne et par le biais d’entretiens téléphoniques assistés par ordinateur (CATI) d’octobre à novembre 2025. Ce rapport se concentre sur les principales conclusions de notre enquête client.
Pour en savoir plus sur les conclusions de notre enquête auprès des entreprises, consultez le rapport Tendances de l’IA et du digital.
Profil démographique des clients
- Amérique du Nord : États-Unis (25 %) et Canada (5 %)
- Amérique latine : Brésil et Mexique (8 % chacun)
- Europe : Royaume-Uni, France, Espagne, Italie, Allemagne (6 % chacun)
- APAC : Inde (8 %), Australie (6 %), Nouvelle-Zélande (3 %), Singapour (4 %)
- Moyen-Orient : Émirats arabes unis et Royaume d’Arabie saoudite (3 % chacun)
Répartition par genre (mondiale)
- Hommes (55 %)
- Femmes (45 %)
Répartition par âge (mondiale)
- 18-24 ans (16 %)
- 25-34 ans (28 %)
- 35-44 ans (23 %)
- 45-54 ans (14 %)
- 55-64 ans (12 %)
- 65 ans et plus (7 %)
Annexe 2
Définitions clés
Agents IA
- Les agents IA sont un type d’intelligence artificielle capable d’agir en votre nom, et pas seulement de fournir des réponses. Par exemple, l’agent IA d’une marque de retail peut vous aider à trouver la bonne taille, passer une commande et programmer une livraison après une discussion par chat ou une conversation vocale, sans que vous ayez besoin de parcourir vous-même le site web. Ces agents IA peuvent également collaborer directement avec votre agent IA personnel pour gérer automatiquement des tâches à votre place (par exemple, reprogrammer une livraison, comparer des options de produits, réserver un voyage ou traiter un retour produit en interagissant avec les systèmes d’une entreprise).